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  • Sherina Berreby

Hypersensibilité : des émotions qui donnent du fil à retordre



Bienvenue au royaume pas comme les autres de l'hypersensible, là où tout est décuplé. Pareil à une véritable éponge, il se gorge de tout ce qu’il voit ou entend, perméable au monde qui l’entoure, au bon, comme au mauvais. On estime qu’environ 20% de la population serait concernée par ce phénomène. Mais derrière cette appellation superlative dans laquelle vous-même ou vos proches vous reconnaissez peut-être, démêlons le vrai du faux pour mieux cerner ce trait de personnalité où les émotions règnent en maître.


Quand les ressentis prennent trop de place

Ne vous y trompez pas, « hypersensible », n’est qu’un terme à destination du grand public. En psychologie, on parle plutôt de personne « hautement sensible » ou « à la sensibilité élevée ». Et pour cause : il s’agit d’un trait de personnalité et non pas d’une pathologie. La prudence est donc de mise quant aux éléments de langage : apposer un superlatif peut être maladroit, enfermant l’individu dans une catégorie. Il s’agit alors non pas de se demander si vous êtes hypersensible, mais si vous êtes plus ou moins sensible. Nous sommes tous sensibles, la question est de savoir à quel point. Une définition de l’hypersensibilité serait ainsi une sensibilité plus élevée que la moyenne aux stimulations de l’environnement, avec un seuil de tolérance plus bas à ces dernières. Elle se manifeste par des réactions émotionnelles et/ou sensorielles intenses :

  • Hypersensibilité émotionnelle

Ici, le monde est appréhendé à travers des émotions exacerbées, induisant une vive réaction aux stimuli émotionnels. La perception des événements, des situations et des discours est décuplée. Souvent, l’empathie est plus forte.

  • Hypersensibilité sensorielle

Là, ce sont les sens qui sont amplifiés. Un bruit trop fort, une lumière blafarde, une matière rugueuse… un rien provoque des réactions physiques (et émotionnelles !) intenses, voire désagréables.


Comment mesurer l’hypersensibilité ?

Même si vous vous reconnaissez dans certains traits, attention à ne pas vous autodiagnostiquer trop vite. En psychologie, on appelle ce phénomène l’« effet Barnum » : n’importe qui peut se reconnaître dans des descriptions un peu floues de la personnalité. Ainsi, pour déterminer où vous vous situez véritablement sur l’échelle de la sensibilité, il existe un questionnaire en 27 questions, le Highly sensitive person scale (HSPS), répertoriant les principales manifestations de la sensibilité élevée. Élaboré par Elaine Aron, une psychologue américaine, le test a été validé sur plus de 15 000 participants et reconnu dans de nombreux pays à travers le monde.


La puissance de la sensibilité

La sensibilité élevée n’est pas un trouble. Certain.e.s la vivent avec sérénité et savent en tirer le meilleur. D’autres, au contraire, luttent en permanence contre leurs émotions pour ne pas être submergés. Ce trait de personnalité devient problématique lorsqu’il est source de souffrances ou de difficultés. Se sentir en permanence en décalage avec ses proches, être terrassé.e par un bruit trop fort ou des images trop violentes sont des signes qu’il convient d’apprendre à mieux gérer votre sensibilité.


Souvent, les patients qui se rendent chez un.e thérapeute pour ce motif ont une demande récurrente : s’en débarrasser. Pourtant, la requête semble chimérique : on ne se désolidarise pas d’une part de notre personnalité. L’objectif est plutôt d’apprendre à accepter sa sensibilité pour mieux réguler ses émotions.


« Sensible » évoque souvent la vulnérabilité, voire même la fragilité. Très vite, on bascule dans un registre négatif, alors que ce trait de personnalité est avant tout une force. Les personnes hautement sensibles absorbent tout autant le positif ; les joies d’apparence insignifiantes pour d’autres leur apparaissent comme un véritable feu d’artifices émotionnel. Un paysage au coucher du soleil, l’éclosion d’une fleur dans un rayon de lumière ou encore la vision d’une peinture suffisent à les transporter. La sensibilité élevée induit également des talents artistiques qui ne demandent qu’à être développés ainsi qu’un sens esthétique prononcé. Des facultés qui peuvent s’avérer précieuses aussi bien dans le travail que dans l’expression de soi.


Mieux vivre ses émotions

Naturellement, les ressentis agréables sont faciles à accueillir. Mais être paralysé.e d’angoisse, pris.e d’une violente colère ou d’une tristesse trop vive sont des sentiments plus complexes à appréhender. Pour éviter que vos émotions ne vous plongent dans un profond désarroi, la clé selon la psychologue Moïra Mikolajczak serait de cultiver cinq compétences émotionnelles essentielles pour mieux vivre avec soi et avec les autres.

1 - Accueillir et identifier ses émotions

Pratiquez la “météo intérieure” : arrêtez-vous 3 minutes 3 fois par jour pour vous demander ce que vous ressentez. Cela vous permettra d’être plus attentif.ve aux signaux émotionnels de votre corps et de votre esprit, vous évitant ainsi d’être dépassé.e par vos sentiments.


2 - Les comprendre

Mettez en lien l’émotion ressentie (sa nature et son intensité) avec ce qui l’a déclenchée. Cela vous permettra de mieux comprendre et identifier vos besoins.


3 - Les exprimer

Mettez des mots sur ce que vous ressentez. Pour vous-même dans un premier temps, puis pour le partager dans un second temps. Masquez vos ressentis vous prendra énormément d’énergie, tout comme les exprimer dans des éclats de colère ou de tristesse ne vous permettra pas de partager avec justesse ce que vous ressentez à votre entourage.


4 - Les réguler

Vous disposez de nombreux outils pour mieux gérer le flot émotionnel. Apprenez par exemple à considérer une situation sous un autre angle, à en chercher les aspects positifs ou à dédramatiser une fois le pic émotionnel passé. Le seul fait d’accepter, de comprendre et d’exprimer vos émotions leur donnera déjà moins d’ampleur.


5 - Savoir les utiliser à bon escient

Inutile de tenter de développer cette compétence. Dès lors que vous vivrez mieux avec votre sensibilité élevée, vous verrez de nombreuses occasions de l’utiliser dans votre travail et dans votre relation aux autres et à vous-même. Il ne vous reste qu’à commencer à vous réconcilier avec ce trait de caractère pour en déployer toute la puissance.

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